Chimène Kouékeu Ngoukam en toutes confidences

Alors Chimène, qui est Kouékeu Ngoukam ?

(Rires). Je vis à Douala au Cameroun. J’ai tôt fait de m’intéresser au développement durable durant mon cursus universitaire. J’ai commencé à me pencher particulièrement sur le cas des populations vulnérable ; d’où mon engagement dans plusieurs Organisations à but non lucratif. Pour la plupart tournées vers l’éducation des enfants. Mara (l’enfant autiste) est mon premier livre publié. Même si, depuis l’adolescence je suis amatrice de poésie et de nouvelles, la publication n’était pas encore au rendez-vous.

D’où vous vient l’idée d’écrire ce livre pour enfants ?

En fait, lorsque je vivais à Yaoundé, nous avions des voisins qui avaient un enfant malade. Ce n’est qu’en 2012 que j’ai réalisé que cet enfant souffre d’autisme.

Tout se disait autour de lui sauf la vérité sur cette maladie. Un jour, j’ai interrogé la grande sœur de l’enfant autiste sur le mal dont souffrait son frère. Elle m’a expliqué qu’il souffrait d’autisme. Les parents avaient essayé de le faire suivre par des spécialistes mais c’était très onéreux. Ils n’en avaient pas assez de moyens alors, ils ont dû arrêter le suivi chez les spécialistes. Cette nouvelle m’avait quelque peu attristée et avait suscité ma curiosité.

En 2018, lors d’un forum sur le volontariat et les programmes d’échanges des jeunes, organisé par l’Union africaine et le GIZ, à Gaborone au Botswana, nous avons abordé plusieurs sujets dont l’intégration des personnes vivant avec un handicap dans les différents programmes des deux organisations.

Je crois que ce fut en gros l’élément déclencheur. Pourquoi les PVH sont peu représentées dans les programmes ou dans les entreprises ? Cela m’a rappelé le voisin autiste. Depuis lors, je me suis intéressée davantage au style de vie des personnes vivant avec un handicap en particulier des autistes. C’était comme un appel auquel il était impératif pour moi de répondre. En 2020 je me suis décidée à me remettre à l’écriture et de me faire publier. Je pensais écrire une nouvelle qui parlerait de l’épopée d’une autiste. J’avais déjà bien amassé des informations sur le sujet. L’inspiration était au rendez-vous. Le 02 avril 2020, journée dédiée à la sensibilisation sur l’autisme, me galvanisa. Le 04 avril 2020, les éditions Akoma Mba lancent un Appel à manuscrits sur les contes pour enfants. Alors je décide donc de saisir l’occasion en convertissant la nouvelle en un conte. Et voilà l’histoire de Mara a vu le jour ! J’espère que les enfants pourront à travers ce conte grandir en ayant une meilleure compréhension de l’autisme afin de mieux traiter les autistes. Mais aussi que les adultes qui liront ce livre aux enfants en seront édifiés. De plus, que les parents qui demain auraient des enfants autistes sachent que ce n’est pas une fatalité mais juste une particularité.

«Mara, l’enfant autiste» a été édité aux éditions Akoma Mba, première maison d’édition pour enfants au Cameroun. Comment s’est passé le processus éditorial? Comment qualifiez-vous cette collaboration ?

Le processus éditorial s’est très bien passé. C’était bien nouveau pour moi et en plus il fallait faire des compromis. Cependant, Je me faisais expliquer, avec beaucoup de patience, les tenants et les aboutissants de chaque point. Alors je me disais c’est leur métier. Tout comme j’aime qu’on me laisse faire le mien, je les laisse faire le leur. Et Je leur ai fait confiance. C’est une collaboration chaleureuse et fructueuse. Chaleureuse parce que c’est une équipe très humaine, au contact facile, patiente aussi. Fructueuse parce que les réflexions de chacun et tous étaient orientées. Objectif : faire du projet «Mara » une réussite. À mon sens ça a porté du bon fruit. Je tiens à remercier toute l’équipe des Éditions Akoma Mba.

Par Reine NGO NYOBE

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